Arthémérius

Arthémérius

Vous aurez sûrement reconnu l’image du tome 2. Arthémérius, la fameuse ville d’artistes, taillée dans une montagne par Arthémée le titan. Nos deux compagnies d’aventuriers y feront un passage plutôt agréable dans les tomes 2 et 3. (illustration Cyril Barreaux)

Arthémérius a été créée bien avant le premier âge, à une époque où les très rares humains qui vivaient sur le plan du milieu étaient tous des scientifiques, chercheurs ou techniciens venu d’Aldaréa pour se livrer à des expériences. Arthémée le titan était justement une de leurs dangereuses inventions, conçue à la demande de la guilde des bâtisseurs. Ces derniers s’étaient imaginé qu’une créature dotée de la dextérité d’un humain en trente fois plus grand, leur permettrait de réaliser des œuvres à la hauteur de leurs ambitions.

Des sommes astronomiques furent dépensées pour réunir et faire travailler ensemble toutes sortes d’inventeurs, sorciers, magiciens, druides, généticiens et autres ingénieurs sous la férule de Phileas Arthem qui donna son nom au titan. Ce dernier s’octroya donc scandaleusement la gloire de cette réussite, ce qu’il regretta amèrement dès que le caractère de la gigantesque créature fît surface. En effet l’équipe des cerveaux travaillant sur le projet, composée à quatre vingt dix neuf pour cent de représentants de la gent masculine, affichait sans vergogne un machisme éhonté. La réussite de ce projet n’aurait pourtant pu aboutir sans le savoir de l’unique chercheuse du groupe, qui bien que traitée avec une condescendance blessante travailla sans relâche et laissa son emprunte sur le caractère du titan.

À peine deux ans  après sa création, Arthémée avait atteint sa taille adulte, soit cinquante quatre mètre de haut pour trois tonnes et demi, on l’employa aussitôt à la construction de bâtiments, ponts et autres monuments. Bien que ce fabuleux constructeur d’une force surhumaine fût doté d’une habileté remarquable, son caractère indépendant, emporté et entêté devient très vite un problème majeur. En effet, dès que l’on contrariait sa vision très personnelle de l’art de la construction, le titan s’emparait de ses gigantesques outils, qu’il serrait dans ses bras croisés, partait s’assoir dans son coin et boudait pendant des jours. Les dégâts occasionnés par ses mouvements d’humeur ainsi que la quantité astronomique de nourriture nécessaire à cet ouvrier démesuré lui valurent une expulsion en bonne et due forme.

Le pauvre Arthémée se retrouva donc banni sur le plan du milieu où il se serait sans aucun doute laissé mourir sans l’intervention de l’unique et géniale jeune femme ayant brillamment travaillé à son élaboration.

Nous aurons l’occasion plus tard de nous intéresser à cette remarquable chercheuse au doux nom d’Andiline la Plume, qui parvient en quelques jours à redonner goût à la vie à son titanesque ami muet.

Inspiré par ce petit bout de femme au regard rieur, Arthémée se lança dans la sculpture d’un mamelon montagneux perdu au beau milieu de la nature luxuriante. Il y consacra toute sa courte existence, travaillant sans relâche et s’émerveillant de chaque apparition d’Andiline qui ne ratait pas une occasion de venir lui rendre visite. Alors que sonnait pour lui le crépuscule de sa brève existence,

Arthémée s’agenouilla à bout de force et tendit vers la jeune femme en larmes sa paume ouverte.

La soulevant avec une douceur infinie, il emmena son unique amour vers la vaste clairière qu’il avait dégagée.

Dans la douce chaleur d’un somptueux coucher de soleil, brillait de mille feux une gigantesque rose dont les pétales semblaient bordés d’or.

Ainsi mourût Arthémée le titan, offrant à sa muse le plus fabuleux joyau du plan du milieu aujourd’hui baptisé Arthémérius.

À présent transformée en ville, cette joyeuse cité compte en moyenne cinq mille habitants, une impressionnante quantité de galeries d’art et la fameuse université des arts créatifs.

On y trouve aussi les plus célèbres salles de spectacle et pas moins de quarte vingt deux débits de boisson, allant du bouiboui miteux de six mètres carré aux immenses tavernes avec scène et fosse d’orchestre.

Rien n’a été construit à moins de trente mètres du bord de chaque pétale, offrant ainsi de vastes étendues à la vue imprenable, où n’importe qui peut venir exposer ses œuvres, créations, ou inventions de toutes sortes.

Située sur un axe est ouest assez fréquenté, Arthémérius est une cité prospère qui bien entendu attire une quantité de jeunes à la musette vide et le cœur plein d’espoir. Les commerçants, petits patrons et agriculteurs du coin ont très vite su tirer partie de cette main d’œuvre à la fiabilité parfois discutable, mais bon marché, pleine de vie et sans le sous.

Ainsi fonctionne l’économie d’Arthémérius, la jeunesse travaille au gré de ses besoins, puis s’empresse de tout dépenser dans les innombrables lieux de débauche de la ville qui font la fortune de leurs employeurs.

Les nombreux touristes, passionnés, ou simples voyageurs de passage, peuvent visiter gratuitement les plus fabuleuses galeries d’art des trois plans situées dans le cœur même de la montagne; vider leurs bourses chez les plus célèbres bijoutiers et tailleurs ou se restaurer dans les auberges hors de prix.

Son économie reposant essentiellement sur le tourisme, Arthémérius est une ville sûre, surveillée et protégée par une milice exclusivement féminine, aussi discrète qu’efficace.

 

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